Le Chef de la Division des Études, de la Facilitation des Échanges et de l’Analyse des Risques, KONNEH Gasper NEBA, Representant du Directeur Général des Douanes empêché, a présidé, ce mercredi 4 novembre 2026, une séance de travail avec une délégation de la Société Générale de Surveillance (SGS). Au centre des échanges, le suivi du déploiement des scanners non intrusifs dans les aéroports et les zones frontalières, avec pour enjeux la sécurisation des contrôles, la protection des recettes de l’État et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle.
Dans un environnement marqué par la complexification des échanges commerciaux et la diversification des risques liés aux mouvements transfrontaliers, la modernisation des moyens de contrôle constitue un enjeu majeur pour l’administration douanière camerounaise. Face aux exigences croissantes de sécurisation des frontières, de lutte contre la fraude et de facilitation du commerce légitime, la Direction Générale des Douanes (DGD) poursuit sa transformation technologique, avec l’intégration de nouveaux équipements de contrôle non intrusif.
Des équipements de pointe pour renforcer les capacités de contrôle
L’intégration de nouveaux scanners représente un levier important dans la modernisation des méthodes de contrôle douanier. Grâce à leurs capacités d’inspection non intrusive, ces équipements permettent d’examiner les marchandises et les bagages sans recourir systématiquement à leur ouverture physique.
Dans les aéroports, où les flux de passagers et de marchandises présentent des caractéristiques particulières, ces technologies peuvent contribuer à améliorer la détection des produits prohibés, des marchandises dissimulées et des anomalies susceptibles de révéler des opérations frauduleuses.

Dans les zones frontalières, leur utilisation offre également des perspectives intéressantes pour renforcer la surveillance des mouvements de marchandises, notamment dans les circuits où les risques de contrebande, de fausses déclarations ou de contournement des procédures douanières demeurent préoccupants. L’objectif recherché est de permettre aux services douaniers de disposer d’outils plus performants pour orienter leurs contrôles, mieux cibler les opérations à risque et réduire les interventions inutiles sur les flux commerciaux réguliers.
Une préparation opérationnelle fondée sur la rigueur
Le déploiement de ces nouveaux équipements ne saurait se limiter à leur installation physique. Il implique également la mise en place d’un environnement opérationnel sécurisé, capable de garantir leur fonctionnement optimal et la fiabilité des contrôles. À cet effet, la constitution de groupes de travail mixtes et pluridisciplinaires apparaît comme une démarche essentielle. Ces structures ont vocation à réunir les compétences administratives, techniques, informatiques et opérationnelles nécessaires à la préparation de la mise en service des scanners. La collaboration entre les différents intervenants doit permettre d’identifier les contraintes propres aux sites d’accueil, d’évaluer les risques liés à l’exploitation des équipements et de proposer des solutions adaptées aux réalités du terrain.
La souveraineté numérique au cœur du dispositif
Les scanners de nouvelle génération produisent des informations techniques et des images dont l’exploitation peut contribuer à l’identification des marchandises suspectes. Leur traitement nécessite cependant des mécanismes de protection adaptés, afin de garantir la confidentialité des informations, leur intégrité et leur disponibilité. Dans cette perspective, la Direction Générale des Douanes accorde une importance particulière à la maîtrise des circuits de données générés par les opérations de contrôle.
La traçabilité constitue l’un des piliers de cette exigence. Chaque opération doit pouvoir être documentée, depuis l’acquisition de l’image jusqu’à son exploitation par les agents habilités. L’identification des intervenants, l’enregistrement des opérations et la conservation sécurisée des informations doivent permettre de retracer les différentes étapes du processus.
L’intelligence artificielle, un outil d’aide à la décision
L’intégration progressive de solutions d’intelligence artificielle et d’analyse automatisée des images ouvre de nouvelles perspectives pour l’exploitation des scanners douaniers. Grâce aux techniques d’apprentissage automatique, ces systèmes peuvent contribuer à repérer des anomalies visuelles, à identifier des configurations inhabituelles et à orienter l’attention des agents vers les opérations présentant des indices de risque. Toutefois, la performance de ces outils dépend étroitement de la qualité des données utilisées pour leur entraînement et de la pertinence des paramètres de détection.
La validation des résultats par des experts humains demeure donc indispensable. Les algorithmes doivent être considérés comme des instruments d’assistance au contrôle et non comme des substituts à l’appréciation professionnelle des agents douaniers.
Elle contribue, par ailleurs, à limiter les risques de décisions inappropriées et à garantir que les opérations de contrôle restent conformes aux exigences réglementaires et aux procédures douanières.
Des visites de terrain pour adapter les conditions de déploiement
La réussite de cette modernisation repose également sur la prise en compte des réalités opérationnelles des sites concernés.
Les visites de terrain constituent, à cet effet, un instrument important d’évaluation et de suivi. Elles permettent aux responsables et aux équipes techniques d’apprécier les conditions d’accueil des équipements, d’identifier les contraintes infrastructurelles et de vérifier la conformité des installations aux exigences de sécurité.
Ces missions contribuent également à une meilleure coordination entre les services concernés et les différents partenaires impliqués dans le processus de déploiement.

Les observations recueillies sur le terrain peuvent ainsi servir à ajuster les calendriers de déploiement, à préciser les besoins techniques et à lever les éventuels points bloquants.
Cette démarche traduit la volonté de la DGD de privilégier une modernisation maîtrisée, reposant sur une préparation préalable et une évaluation continue des conditions opérationnelles.
La formation des agents, un facteur déterminant de réussite
Les formations doivent permettre aux agents de maîtriser les fonctionnalités des scanners, de comprendre les principes d’interprétation des images et d’appliquer les procédures de contrôle adaptées aux différents types de marchandises. Elles doivent également intégrer les exigences relatives à la sécurité des données, à la traçabilité des opérations et à la gestion des incidents techniques.
Cette dynamique de formation continue doit contribuer à renforcer la confiance des utilisateurs dans les outils technologiques et à améliorer la qualité des décisions prises dans le cadre des contrôles.
Une modernisation au service des recettes de l’État et du commerce légal
Au-delà de l’amélioration des capacités de surveillance, l’intégration des nouveaux scanners répond à des objectifs économiques et administratifs majeurs. En renforçant la détection des marchandises non déclarées, des fausses déclarations et des opérations présentant des risques de fraude, ces équipements peuvent contribuer à une meilleure sécurisation des recettes douanières.
La modernisation des contrôles participe également à la lutte contre les pratiques illicites susceptibles de porter atteinte à la concurrence loyale et aux intérêts des opérateurs économiques respectueux de la réglementation.
Il s’agit, pour l’administration, de concilier la protection des frontières, la mobilisation des recettes publiques et l’accompagnement du commerce légal, dans un environnement marqué par des exigences croissantes de performance et de transparence.
Une dynamique collaborative pour une mise en œuvre maîtrisée
La mise en service des nouveaux scanners nécessite une coordination permanente entre les différentes parties prenantes. Les équipes administratives, les responsables techniques, les informaticiens, les opérateurs de terrain et les partenaires concernés doivent travailler de manière concertée afin de garantir la cohérence des interventions. Cette approche collaborative permet de mieux identifier les difficultés, de partager les informations utiles et d’apporter des réponses adaptées aux contraintes rencontrées.
La Douane camerounaise à l’épreuve de la transformation numérique
À travers l’intégration de nouveaux scanners, la Direction Générale des Douanes poursuit une ambition qui dépasse le simple renouvellement des équipements de contrôle. Cette évolution traduit une volonté de renforcer les capacités de l’administration à faire face aux nouveaux défis de la surveillance des frontières, de la lutte contre la fraude et de la sécurisation des recettes publiques.
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