
Plusieurs sujets d’actualité ont été abordés au cours de la réunion hebdomadaire du comité de direction présidée ce lundi 03 août 2026 par Monsieur le Directeur Général des Douanes, FONGOD Edwin NUVAGA.
D’entrée de jeu, Monsieur le Directeur Général des Douanes est revenu sur sa mission d’étude menée la semaine dernière en Afrique australe. Dans le cadre de l’accélération de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a parrainé cette importante mission de benchmarking. L’initiative a réuni les administrations douanières du Cameroun, du Nigéria et du Bénin à Beitbridge, un important poste frontalier situé au bord du fleuve Limpopo, marquant la frontière entre le Zimbabwé (Province du Matabeleland Sud) et l’Afrique du Sud (Province du Limpopo). C’est le point de passage terrestre le plus fréquenté d’Afrique subsaharienne pour le commerce et les transports routiers.
L’objectif principal de cette rencontre internationale était d’observer les infrastructures modernisées et les technologies numériques de pointe mises en place à Beitbridge, en vue de s’inspirer de ce partenariat public-privé (consortium Zimborders) pour réduire les goulots d’étranglement logistiques et simplifier les procédures douanières en Afrique.
D’une manière plus spécifique, la mission d’étude visait à : s’approprier les meilleures pratiques technologiques et structurelles pour fluidifier le commerce transfrontalier ; réduire les délais d’attente pour le passage des marchandises d’un pays à un autre ; digitaliser et harmoniser les procédures de contrôle douanier africain ; mettre en œuvre des systèmes d’interconnexion électronique hautement sécurisés ; éliminer efficacement les barrières non tarifaires persistantes sur le continent.

La rencontre, organisée par l’Autorité fiscale du Zimbabwe (ZIMRA), a vu la participation de figures de proue : le Directeur Général des Douanes du Cameroun ; le Directeur Général des Douanes de la République Fédérale du Nigeria , le Directeur Général des Douanes de la République du Bénin, ainsi que leurs collaborateurs.
Cette mission marque une étape cruciale pour le bureau de Mfum, appelé à devenir le standard de référence pour la facilitation des échanges commerciaux en Afrique occidentale et centrale. Le bureau de Mfum désigne le poste de contrôle juxtaposé (ou poste frontalier) situé à la frontière entre le Cameroun (à Ekok) et le Nigéria (à Mfum), sur la rivière Cross River. Il gère les formalités douanières, administratives et de traversée pour le passage entre les deux pays.
Cette infrastructure a été inaugurée de concert le 03 novembre 2022 avec le nouveau pont sur la Cross River, un ouvrage qui remplace l’ancien pont suspendu à voie unique afin de fluidifier les échanges commerciaux sur l’axe Bamenda-Mamfe-Ekok-Enugu. Les infrastructures associées et les aménagements socio-économiques ont bénéficié de financements conjoints, incluant l’appui de la Banque Africaine de Développement (BAD) et des dons de l’Union Européenne.
Le concept de « poste de contrôle unique » (ou Joint Border Post) signifie que les administrations douanières, migratoires et sanitaires des deux pays (Cameroun et Nigeria) travaillent sous le même toit ou dans des blocs de bureaux interconnectés.
La réforme douanière se bonifie
Le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane à l’importation des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques continue de faire son bonhomme de chemin. Les tests de blocage sont concluants au niveau de CAMTEL, juste après MTN et ORANGE. Les propriétaires des téléphones non dédouanés reçoivent instantanément des SMS au moment de leur première connexion au réseau local. Ils sont invités à régulariser le statut de leurs téléphones en payant les droits et taxes dus dans les services des douanes les plus proches. Le blocage systématique des téléphones portables non dédouanés interviendra dans les prochains jours.

Les tests des fonctionnalités des modèles de déclarations MCT (Mise à la Consommation des Téléphones) et ATT (Admission Temporaire pour les Téléphones) sont également concluants.
Sous la supervision de Monsieur TCHAMI Yves Patrick, Chef d’Equipe Projet), et la coordination de Monsieur DJEUWO Marcellin, la réforme devrait permettre aux usagers l’autodéclaration de leurs téléphones portables directement sur le portail externe de CAMCIS, sans passer par un commissionnaire en douane agréé ou le Service en utilisant le modèle MCT. La réforme devrait aussi permettre au Service de déclarer pour les touristes qui auront un séjour de moins de 90 jours leurs téléphones portables directement le portail interne de CAMCIS en utilisant le modèle ATT. L’usager peut faire l’autodéclaration de 10 téléphones portables maximum.
La mise en production débutera par les aéroports internationaux de Douala et Yaoundé-Nsimlen. Des unités banalisées de dédouanement des téléphones portables sont envisagées dans tous les Secteurs des Douanes. Un manuel de procédures simplifiées sera élaboré, en appui à la communication de masse sur les modèles de déclarations MCT et ATT.
Une autre réforme applaudie est celle relative à la mise en place, au sein de la Direction Générale des Douanes, d’un groupe de travail chargé de l’élaboration d’un recueil de la réglementation douanière. Présidé par le Docteur Guy Innocent DIFFOUO, ce groupe de travail tient sa troisième session jeudi prochain (06/08/2026), dans la salle de réunions située au 2ème Etage du Bâtiment B de la Direction Générale des Douanes. Les partenaires apprécient favorablement cette idée de rassembler les textes réglementaires et procéduraux dans un document de référence.
La prospective tisse sa toile
Jacques Roméo IKONO, Chargé d’Etudes Assistant à la Division de la Coopération Internationale et des Bases de Taxation, a présenté un exposé sur le monitoring des éléments de taxation des marchandises pour la période allant du 27 au 31 juillet 2026. Il en ressort des points de cohérence et des dysfonctionnements. Des suggestions sont faites pour anticiper sur les fraudes, renforcer la taxation de certaines marchandises, anticiper sur les risques douaniers, réduire les déperditions de recettes et affiner les contrôles sur certaines marchandises sensibles. Le monitoring a aussi mis le curseur sur la dépense fiscale et les marchandises en transit pendant la période de référence. Les échanges entre les responsables des services centraux et ceux des services déconcentrés ont débouché globalement sur des vues partagées.

Sur un autre pan de la prospection, Mohamed El HADJI ABDOUL RAHMAN BARKA, Administrateur Principal Économie et Finances, en poste de responsabilité à la Division du Recouvrement et des Statistiques, a fait l’économie de son Mémoire présenté et soutenu publiquement à l’Université de Douala. Il a obtenu la Mention Très Bien pour cette étude portant sur le thème : « Aspects douaniers de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en Afrique : Zone CEMAC – Cas du Cameroun ».
Cette recherche part de l’hypothèse selon laquelle les administrations douanières, en raison de leur position stratégique aux frontières et de l’étendue de leurs prérogatives de contrôle, constituent un maillon essentiel mais encore insuffisamment valorisé du dispositif régional et national de lutte contre les flux financiers illicites. L’étude procède ainsi à un examen approfondi des normes communautaires issues de la CEMAC, des standards internationaux portes notamment par le GAFI et des instruments internes camerounais. Cette architecture vise à mettre en lumière les mécaniques douaniers de prévention, de détection et de répression du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme. Aussi, elle souligne les interactions avec les autres autorités compétentes, en particulier les cellules de renseignement financier et les autorités judiciaires.
La plus-value scientifique de cette étude tient à l’enrichissement de la doctrine relative au droit douanier africain, envisagé comme instrument de de sécurité financière, tandis que son intérêt pratique pour les États de la CEMAC se manifeste à travers des propositions de rationalisation normative et de coordination institutionnelle susceptibles de contribuer à la crédibilité internationale de la sous-région et à la protection durable de ses économies contre les menaces financières transnationales.

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